L’écriture inclusive, un moyen maladroit de dissimuler le machisme de la langue

L’écriture inclusive vise à faire disparaître les stéréotypes liés aux genres, tels que « le masculin l’emporte », dans la langue française. Elle laisse beaucoup parler d’elle, notamment dans les médias, ou les réseaux sociaux. Cette démarche nouvelle s’inscrit dans la continuité d’une évolution sociale de la place de la femme dans la société. Nous pouvons tout de même nous demander si l’écriture inclusive permet réellement de marquer l’égalité des genres, comme elle le prétend, et de faire disparaître le machisme du français.

Bien que cette démarche manifeste un réel engagement pour l’égalité des genres, elle est encombrante et a tendance à rendre les écrits plus difficiles à lire. L’une des règles de cette écriture est d’attribuer les deux genres à un mot lorsqu’il est employé dans un cadre général. Par exemple, la phrase “les français sont confinés” serait avec l’écriture inclusive : “les français • es sont confiné • e • s”. La lourdeur de l’écriture provient du fait qu’on attribue deux genres là où il n’est prévu de n’en attribuer qu’un. On essaie d’empêcher le vice là où la langue est déjà corrompue. C’est comme si l’on essayait de repeindre une voiture dont la carrosserie est déformée. C’est un moyen pour ne dissimuler que partiellement le problème. Le français est inventé de manière à séparer la position masculine de la féminine. C’est pour cela qu’on fait la distinction du “le” et du “la” là où les Anglais n’ont qu’un mot “the”. Le réel souci vient d’ici et non d’ailleurs. Il ne faut pas attribuer deux genres à un mot puisque la langue française est genrée. On peut être “un”, ou “une” mais pas les deux. Lorsque l’on parle d’un groupe de personnes, on n’emploie pas “il”, ni “elle”, mais “on”. On ne parle plus d’une ou de plusieurs personnes mais d’un ensemble en tant qu’entité même. De la même manière, le français devrait admettre une forme générale qui ne représente plus une ou plusieurs personnes selon ce qu’elles sont, mais un ensemble en tant que tel, sans attacher d’importance à ce qui compose ce dernier. Ni le masculin, ni le féminin ne l’emporte.

Aussi, puisque le fond et la forme sont fondamentalement deux choses qu’il faut séparer, écrire un mot à la forme masculine n’implique pas de l’écrire au masculin. N’y-a-t-il pas là plutôt un souci de fond ? Ne devrions-nous pas différencier l’utilisation du masculin pour la forme générale et celle qui, dans le fond, n’appelle qu’à ce qui est masculin ? Cette distinction devrait être instinctive et enseignée avec l’apprentissage de la langue : on peut utiliser le masculin lorsqu’on parle des personnes de ce genre, ou pour la forme générale. Dans la forme c’est la même chose alors que dans le fond, tout diffère. Ce n’est pas le masculin qui l’emporte, mais la forme masculine, ou plutôt générale.

De plus, l’écriture inclusive sert de “cache-misère”, mais voyez, dans “Les Français • es”, c’est toujours le masculin qui est évoqué en premier, appartenant au reste du mot, alors que le féminin n’est qu’un complément, que l’on rajoute maladroitement par la fin. Où voyez-vous quelque semblant d’égalité ?

Finalement, l’écriture inclusive n’est qu’un moyen de dissimuler maladroitement le machisme de la langue, en l’encombrement considérablement. Pour atteindre réellement l’objectif que vise l’écriture inclusive, il faudrait une forme générale pour chaque mot, différente de celle masculine, ainsi que de celle féminine. Nous pourrions aussi insister sur la distinction entre le fond et la forme relativement à l’utilisation de la forme masculine.

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